La vie de
celui qu'on a surnommé - sans doute à juste titre - "le plus mauvais sujet
de l'armée" est digne d'un roman d'aventures ou d'un film. C'est d'ailleurs
ce qu'on a fait. Il semble établi que Joseph Conrad s'est inspiré de la vie
de Founier pour son roman "The Duel", dont on a tiré l'excellent film "The
Duellists". Seule transformation de la réalité : dans le film, le "bon" est
le royaliste et le querelleur est bonapartiste, alors qu'en réalité,
Fournier était royaliste et Dupont -PAS celui de Baylen- bonapartiste.
Français
Fournier est né à Sarlat en Dordogne, est le 28
avril 1772 (1) Il fit ses
études chez des moines à
Sarlat; entra ensuite comme scribe chez un huissier, puis vint à: Paris.
Sous-lieutenant au 9e dragons le 25 janvier 1792; servit à l'armée des
Alpes, 1792-1793; lieutenant, 15 févier 1793; s'était signalé à Lyon par ses
opinions jacobines comme ami de Chalier; fut emprisonné par les Lyonnais
après le 29 mai 1793, mais réussit à s'évader.
Chef d'escadrons au 16e Chasseurs à cheval, 12 septembre
1793; aux armées du Nord et de Sambre-et-Meuse, 1793-1794; destitué pour
comptes frauduleux et absence illégale (ça commence!) par le
représentant Gillet, 24 novembre 1794; réintégré dans son grade, mais
maintenu en non-activité, 17mai 1795; aide de camp provisoire du général
Augereau,
18 août 1797; confirmé dans ces fonctions le 23 septembre 1797; nommé
provisoirement par Augereau chef de brigade des guides de l'armée
d'Allemagne, 17 octobre 1797; servit en Allemagne, 1797-1798.
Chef de brigade à la suite du 11e régiment de hussards, 28 avril
1798; confirmé dans le grade de chef de brigade pour être mis à la suite
d'un régiment du corps expéditionnaire de Toulon, 2 juin 1798, qui était
déjà parti pour l'Egypte; placé par le général Saint-Hilaire à la suite du
8e régiment de hussards, 20 septembre 1798; chargé du commandement
provisoire de ce régiment par le général commandant la 8e division
militaire, 23 septembre 1798. Chef de brigade auxiliaire au 4e régiment de
hussards, 24 février 1799; sert à l'armée de l'Ouest, 1799; chef de brigade
titulaire du 12e hussards, 22 mai 1799; brigade Rivaud à l'armée de réserve,
mai 1800; servit au combat de Châtillon, 18 mai 1800; à l'armée d'Italie,
fin juin 1800; prit part au combat de Loria sous Moncey, 11 janvier 1801 ;
arrêté, ainsi que Donnadieu comme prévenu de conspiration contre le
premier consul et enfermé au Temple le 7 mai 1802; admis au traitement
de réforme le 16 mai 1802; mis en liberté, 26 mai 1802, et envoyé en
résidence à Périgueux.
Commandant 600 hommes de l'expédition du contre-amiral Magon réunie
à Rochefort et autorisé à prendre
le titre d'adjudant-commandant à son débarquement le 11 mars 1805; arriva à
la Martinique et revint en France
sans avoir débarqué, sur l'escadre de Villeneuve. Mis à la disposition
du ministre de la Guerre par l'amiral Villeneuve qui le débarqua à Cadix, 30
septembre; fut invité par le ministre à se retirer à Orléans. Employé à
l'armée de Naples, 15 juin 1806; chef d'état-major de la division Lasalle
à la réserve de cavalerie de la Grande Armée, 2 février 1807; servit à
Eylau, 8 février; à Friedland, 14 juin; général de brigade, 25 juin 1807;
employé à la 5e division de dragons, 16 juillet; baron de l'Empire
avec dotation de 4.000 francs de rente annuelle sur les biens réservés en
Westphalie, 17 mars 1808.
Passé à l'armée d'Espagne avec sa division, 7 septembre 1808; chef
de la 2e brigade (15e et 25e dragons) de la 5e division (Lorge) au 19
décembre 1808; servit à la Corogne, 16 janvier 1809; détaché au 6e Corps
sous
Ney, défendit Lugo, en mai 1809, débloqué par Soult, 22 mai 1809. Sa
défense de Lugo se fait dans de telles conditions héroïques que son avenir
semble assuré. Il chasse alors à coups de sabre un nouvel aide de camps
envoyé par le Ministre de la Guerre, parce que sa tête ne lui revient pas.
Disponible le 15 décembre 1809; commandant les 2 régiments provisoires de
cavalerie légère réunis à Tours le 23 août 1810; commandant la cavalerie du
9e Corps de l'Armée d'Espagne, 10 septembre 1810; puis au 6e Corps sous
Loison, mars 1811;