CAMPAGNE DE 1815

18 juin 1815

LES MONUMENTS PRUSSIENS

Au vu de leur rôle dans la bataille, les Prussiens sont les parents pauvres en matière de monuments. Seuls deux monuments prussiens se trouvent sur le champ de bataille. Il n'y a pas la moindre plaque, ni ici, ni à Ligny ou Wavre.

 

 

 

1) La "pyramide" de Schinkel : monument prussien

 

2) Le monument au Colonel von Schwerin

 

1) La "pyramide" de Schinkel : monument prussien

La "pyramide" - c'est le nom convenu, même si ce n'en est pas une - du grand architecte Schinkel, auteur de nombreux splendides monuments, est le plus ancien monument du champ de bataille, car il a déjà été construit en 1819.
Il a été érigé sur une hauteur occupée pendant la bataille par une batterie française chargée d’enrayer l’avance prussienne ; elle occasionna de lourdes pertes dans les rangs prussiens, vers 18 heures. Peu de gens - à part les spécialistes et les Allemands - savent que ce monument n'est pas unique, il en existe un exemplaire sur les lieux de la plupart des grandes "victoires" prussiennes de 1813-1815.
Dès que j'en aurai le temps, je vous présenterai les autres pyramides de Schinkel, à Grossgörschen - qui n'est pourtant pas une victoire prussienne-, Gross-Beeren, Kulm et Dennewitz.
La sixième, celle de la Katzbach, n'existe plus, ayant été détruite pas les Soviétiques en 1945. Il en est très vraisemblablement de même pour celles de Haynau et de Wartenburg, qui n'existent plus non plus, mais je ne possède pas plus de précisions à leur sujet.

DIE GEFALLENEN
HELDEN EHRT DANK-
BAR KÖNIG UND
VATERLAND
SIE RUHN
IN FRIEDEN.

BELLE-ALLIANCE
am 18. Juni 1815.
 

2) Le monument au Colonel von Schwerin


Le colonel comte von Schwerin fut sans doute une des premières victimes - si pas la première (sûrement le premier officier) - de l'engagement des Prussiens sur le flanc droit français.

Il fut tué à la tête du 6e régiment de Hussards prussiens, alors qu'il commandait la 1e Brigade de cavalerie prussienne, (4e Corps d'Armée de Bülow). Ce régiment éclairait l'avance de la 15e Brigade d'infanterie et il fut tué  lors d'une rencontre avec la cavalerie française (sans doute le 7e Hussards de Marbot) soutenue par une batterie d'artillerie à cheval d'a, à l'est du bois de Paris, vers 15h30.

Ce n'est pas une surprise si Schwerin fut tué à cet endroit : c'est vraiment là que les Prussiens devaient sortir de la vallée de la Lasne pour monter sur le plateau, avant d'entrer dans le bois de Paris.

C'est un coup d'un canon de l'artillerie à cheval, postée en lisière de ce bois, qui tua von Schwerin.

Il fut enterré à la hâte "dans un petit bois". Deux ans plus tard, sa famille partit à la recherche de son corps, qui fut retrouvé sur les indications d'une femme du lieu, vachère de profession.

La veuve du Colonel, la comtesse Sophie Daenhoff, fut tellement touchée de l'aide et de l'accueil de la population locale qu'elle offrit deux cloches pour l'église de Lasne. Elle offrit également chaque année de sa vie une somme de 100 florins prussiens au curé de Lasne, pour qu'il les distribue aux pauvres du village.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Wilhelm comte von Schwerin
Colonel royal prussien et Chevalier
tombé
à la victoire du 18 juin
1815
à l'étranger pour la Patrie.

Wilhelm Graf v. Schwerin
Koenigl. Preus. Obrist und Ritter
gefallen
dem Siege am 18 Iuni
1815
in der Fremde Für die Heimath

Panorama des environs du monument Schwerin.
La route visible dans le lointain (à gauche) est la rue de Genleau, qui conduit de Lasne à la Marache. Le monument est au milieu des champs et également accessible à partir la rue... du vieux monument !
Cliquez pour agrandir.

 

 

 

 

Bibliographie :

 

- An., The Waterloo Medal Roll, Compiled from the Muster Rolls, The Naval and Military Press, 1992.

- Mark Adkin, The Waterloo Companion, Aurum Press, 2001.

- Alain CHAPPET - Roger MARTIN - Alain PIGEARD, Le Guide Napoléon - 4000 lieux pour revivre l'épopée, Bibliothèque Napoléonienne, Tallandier, 2005.

- Hofschröer,Peter,  Waterloo 1815 - Wavre, Plancenoit & the race to Paris, Pen & Sword, 2006.    

- Martinien, Aristide, Tableaux par corps et par batailles des Officiers tués et blessés pendant les guerres de l'Empire (1805-1815), Editions militaires européennes, Paris + les Suppléments.

-  G. Speeckaert et I. Baecker, Les 135 vestiges et monuments commémoratifs des combats de 1815 en Belgique, Waterloo, relais de l'histoire, 1990. (INDISPENSABLE pour trouver les monuments !) Attention, il ne mentionne évidemment que les monuments antérieurs à 1990. Il existe une nouvelle édition de 2006.

 

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